DiaSHIELD, Tegiment, Duratect MRK : lequel choisir ? Braxen

DiaSHIELD, Tegiment, Duratect MRK : lequel choisir ?

DiaSHIELD, Tegiment, Duratect MRK : lequel choisir ? Braxen

Montre inrayable. On vous a vendu ça avec des noms ultra stylés comme DiaSHIELD, Tegiment ou Duratect. On vous a promis que votre montre ressortirait immaculée après avoir traîné dans le gravier. La réalité est plus nuancée, et les marques entretiennent volontairement la confusion entre deux propriétés des matériaux qui sont souvent opposées : la dureté et la ténacité. On va tout décortiquer avec des données chiffrées à l'échelle Vickers pour comprendre ce qui se cache vraiment derrière ces noms marketing.

Dureté et ténacité : la confusion que le marketing entretient

Dans la tête du client, solide veut dire qui ne se raye pas. Mais en métallurgie, les choses sont bien plus complexes. La dureté, c'est la capacité d'un matériau à résister à la pénétration d'un objet pointu. Sur la mesure avec l'échelle Vickers, unité HV. Plus le chiffre est élevé, plus la surface résiste aux rayures.

La ténacité, c'est la capacité à absorber de l'énergie avant de se rompre, l'élasticité, la ductilité. L'acier inoxydable 316L est génial sur ce point : si vous tapez votre montre violemment contre un coin de table, l'acier absorbe l'énergie en se déformant légèrement. Il y aura une trace, mais le boîtier ne se fissure pas. La montre reste étanche. Le mouvement est protégé.

Le problème fondamental : plus on durcit un matériau, plus il devient cassant. La céramique est à 1200 à 1400 HV, soit six à sept fois plus dure que l'acier, mais si vous la faites tomber elle casse net car elle ne peut pas se déformer pour absorber le choc. C'est le compromis permanent entre duretés et ténacité.

Pour avoir des repères, voici les valeurs de base. L'acier inoxydable 316L standard est à environ 190 HV. Le titane grade 2 est à 160 HV, donc plus mou que l'acier. Le titane grade 5 monte jusqu'à 400 HV. Le verre saphir est à environ 2200 HV. Le diamant est à 10 000 HV. L'objectif de tous les traitements qu'on va passer en revue est d'un métal de base à moins de 200 HV et de booster sa surface pour atteindre 1000, 1200 voire 2000 HV, presque au niveau du saphir.

L'effet coquille d'oeuf : le problème que personne n'explique

Avant de rentrer dans le détail de chaque traitement, il faut comprendre une notion clé. Imaginez que vous peignez une éponge avec une couche de vernis dur. Si vous effleurez le vernis, ça résiste. Mais si vous appuyez fort avec votre doigt sur l'éponge, l'éponge en dessous s'écrase et le vernis rigide ne peut pas suivre la déformation. Il craque et s'écaille comme une coquille d'oeuf.

C'est souvent ce qui arrive avec les traitements de surface les plus simples. Au premier vrai choc, un coin de table par exemple, le métal mou en dessous s'enfonce très légèrement et le revêtement se casse. Et c'est irréparable : si vous polissez, vous créez une différence de teinte entre les zones traitées et les zones polies. Le résultat est encore plus visible qu’une simple rayure.

La vraie question technique à se poser quand on évalue un traitement n'est donc pas quelle est la dureté de la surface, mais comment ce durcissement est soutenu par la matière en dessous. Est-ce qu'on a juste posé une coquille dure sur quelque chose de mou, ou est-ce qu'on a vraiment durci la matière en profondeur ? C'est là que les philosophies divergentes entre les marques japonaises et les marques allemandes.

DiaSHIELD (Seiko) : efficace sur les microrayures, limité sur le reste

Sur les gammes Prospex et Presage de Seiko, vous verrez souvent la mention DiaSHIELD. Concrètement, on bombarde le métal avec des ions dans une chambre à vide pour déposer une fine pellicule transparente à base de carbone et de titane. On obtient une finition de surface de 500 à 600 HV, soit 300 à 400 HV de plus que l'acier brut.

C'est efficace pour les microrayures du quotidien comme frotter sa chemise sur un bureau ou nettoyer la montre avec un chiffon légèrement poussiéreux. La montre garde son aspect brillant plus longtemps. Mais 500 à 600 HV, ce n'est pas suffisant pour résister à une pierre abrasive ou au sable. Et surtout, c'est un revêtement fin sur un métal mou : l'effet coquille d'oeuf est au maximum.

Si vous connaissez une montre avec DiaSHIELD contre un coin dur, vous aurez forcément un choc et le traitement va créer une sorte de craquelure, parfois microscopique, ou un reflet bizarre autour de l'impact. Et comme dit plus haut, si vous polissez pour effacer ça, vous créez une tache plus claire que le reste du boîtier. C'est pour cela que personnellement, l'acier brut sans traitement est préférable à une montre avec DiaSHIELD, car une rayure sur acier brut se rattrape, une rayure sur DiaSHIELD crée un problème définitif et irréparable.

Duratect MRK (Citizen) : quand on modifie vraiment le métal

Citizen va beaucoup plus technique de longe. Attention cependant : le terme Super Titanium est un terme marketing générique qui recouvre plusieurs traitements Duratect qui ne se valent pas tous.

Le Duratect de base est un revêtement de carburateur de titane qui peut atteindre 1000 HV. C'est mieux que le DiaSHIELD, mais le principe est le même : une couche déposée sur un métal mou. Les mêmes défauts s'appliquent.

Le Duratect MRK, c'est une autre catégorie. Ici on ne dépose pas une couche, on fait de la diffusion gazeuse. Le boîtier en titane fini est placé dans un four haute pression dans lequel on injecte un mélange d'azote et d'oxygène. Ces atomes pénètrent dans la structure cristalline du métal et y créent des contraintes internes énormes, bloquant le mouvement des dislocations, ces défauts microscopiques qui permettent au métal de se déformer.

Le résultat est une couche durcie sur 20 à 30 microns de profondeur, atteignant 1500 HV. Mais surtout, il n'y a pas de jonction brutale entre une couche dure et un coeur mou. Les atomes pénètrent progressivement, créant un gradient de dureté. L'effet coquille d'oeuf est drastiquement réduit. C'est techniquement supérieur au DiaSHIELD sur tous les plans.

Sur les montres haut de gamme comme la ProMaster Marine 1000M, Citizen combine même le MRK avec une couche DLC par-dessus, atteignant 2000 HV en surface avec le MRK comme fondation pour éviter que le DLC ne craque sous la pression. Si vous cherchez la meilleure résistance aux rayures sur du titane qui va subir des chocs, cherchez impérativement la mention MRK chez Citizen. C'est un des meilleurs rapports qualité technique du marché.

Double Hardening Casio MRG : le chef d'oeuvre métallurgique

Les Casio G-Shock MRG coûtent entre 3000 et 8000 euros. C'est un budget conséquent, mais d'un point de vue purement métallurgique c'est un chef d'oeuvre. Casio utilise une stratégie en deux étapes qu'ils appellent Double Hardening.

La première étape est très proche du Duratect MRK de Citizen mais adaptée à leur alliage de titane spécifique. On bombarde le titane d'azote et d'oxygène à haute température, créant une couche de diffusion riche en nitrure de titane. Le titane de base passe de 160 à environ 800 à 1000 HV sur la couche superficielle. Cette fondation est cruciale car c'est elle qui empêche l'enfoncement lors d'un impact violent. Sans ça, tout ce qu'on mettrait par-dessus un métal mou casserait.

Une fois le boîtier durci en profondeur, Casio applique la couche de finition. Sur les modèles noirs c'est du DLC, du carbone amorphe, avec une dureté de surface supérieure à 2000 HV, presque aussi dur que le saphir. Sur les autres modèles, ils utilisent leur technologie brevetée Arc Ion Plating qui utilise un arc électrique à haute intensité pour créer un plasma ultra dense. L'adhérence est bien supérieure au PVD ou DLC standard, ce qui explique les couleurs uniques que Casio peut proposer sur ses MRG.

Tegiment (Sinn) : l'acier durci à l'allemande

On quitte le Japon pour l'Allemagne, et la philosophie change radicalement. Sinn utilise le Tegiment, un procédé industriel connu sous le nom de Cold Rising développé par la société Bodycote. Contrairement au DiaSHIELD ou au DLC, le Tegiment n'est pas un revêtement. Il n'y a aucune couche ajoutée sur le métal. C'est le métal lui-même qui est transformé.

Pour comprendre le Tegiment, il faut d’abord comprendre un problème chimique. Normalement, un injecteur de carbone dans l'acier inoxydable à haute température crée des carburateurs de chrome. Le chrome, emprisonné dans ces carburateurs, ne peut plus protéger l'acier contre la corrosion. La montre rouille comme n'importe quel acier ordinaire.

Le génie du Tegiment est de travailler à une température très basse pour la métallurgie, entre 400 et 500 degrés Celsius. A cette température, le carbone peut entrer dans l'acier mais n'a pas assez d'énergie pour fusionner avec le chrome. Il se glisse de force entre les atomes de l'acier, créant une structure ultra compressée appelée phase S. Imaginez un wagon de métro bondé dans lequel on force encore 50 personnes à entrer. Personne ne peut bouger, tout le monde est sous pression. C'est cette tension interne qui rend la surface extrêmement dure.

Le résultat est une dureté de 1200 à 1500 HV en surface, sur 20 à 30 microns de profondeur, avec l'inoxydabilité préservée intacte. L'inconvénient : le coeur de la montre reste de l'acier mou à 200 HV. Sur un choc violent, l'effet coquille d'oeuf reste possible, même si le Tegiment est bien plus ductile qu'une céramique pure.

Ice Hardening (Damasko) : durcir toute la masse

Damasko a été pendant un temps le fournisseur de boîtiers durcis de Sinn. Une brouille commerciale a conduit les deux marques à développer chacune leur propre technologie, et elles sont radicalement différentes.

Damasko utilise un acier breveté enrichi en azote, dérivé du Chronidure 30, un acier utilisé par la NASA pour les roulements de turbopompes de la navette spatiale. Pour le traiter, ils pratiquent une trempe à coeur : le boîtier est chauffé à 1000 degrés Celsius puis refroidi par des cycles cryogéniques sous zéro, d'où le nom Ice Hardening. Ce processus transforme la structure austénitique molle en structure martensitique beaucoup plus dure, et ce dans toute la masse du boîtier.

C'est le seul traitement présenté ici qui change les duretés du boîtier en profondeur, pas seulement en surface. De la surface jusqu'au centre des cornes, la montre entière affiche 710 HV. Ce n'est pas le chiffre le plus élevé du comparatif, loin du DLC à 2000 HV, mais c'est 3,5 fois plus dur que l'acier 316L standard. Et surtout il n'y a aucun risque d'effet coquille d'oeuf car les qualités sont homogènes partout. Les chocs sont bien mieux absorbés. Et si vous rayez la montre profondément, vous pouvez la faire repolir sans créer de différence de teinte.

Philosophie japonaise contre philosophie allemande

En résumé les approches, deux philosophies émergent clairement. Les Japonais comme Seiko et Citizen jouent sur les duretés de surface maximales. L'objectif est de rendre la surface aussi résistante que possible aux rayures légères et aux égratignures du quotidien. Le résultat est immédiatement appréciable pour le propriétaire. Mais la fondation reste un métal mou, et sur un vrai choc, les limites sont là.

Les Allemands comme Sinn et Damasko visent la cohérence mécanique globale. Le Tegiment de Sinn durcit profondément sans ajouter de couche. L'Ice Hardening de Damasko durcit toute la masse. Les chiffres de surface sont parfois moins impressionnants, mais la montre résiste mieux aux chocs parce qu'il n'y a pas de jonction brutale entre duretés et mollesse.

Sur le papier, l'approche Damasko est techniquement supérieure. Mais ça n'empêche pas d'avoir envie d'acheter une Sinn, parce que les Sinn ont une gueule que Damasko n'a pas, et le Tegiment n'est pas mauvais pour autant. La technique ne fait pas tout.

Ce qu'il faut retenir avant d'acheter

Le DiaSHIELD et le Duratect de base sont des traitements qui ne sont pas très optimisés. Ils résistent un peu aux rayures légères, c'est vrai, mais pas tant que ça. Et une fois abîmés, l'aspect est pire qu'une montre basique sans traitement avec des rayures, car c'est irréparable. Si une montre vous plaît et qu'elle n'existe qu'en version DiaSHIELD, achetez-la quand même, mais soyez conscient de la limite.

Le Duratect MRK de Citizen est une vraie technologie sérieuse. Si vous cherchez la meilleure résistance aux rayures sur du titane, c'est là qu'il faut chercher. Le Double Hardening de Casio sur les MRG est le summum en matière de traitement de surface, mais le prix d'entrée est élevé. Le Tegiment de Sinn et l'Ice Hardening de Damasko sont deux bonnes technologies pour des profils différents : le Tegiment pour la résistance aux rayures, l'Ice Hardening pour la résistance aux chocs.

Le plus important au final : ne laissez pas la technique seule guider votre choix. Si une montre en titane grade 2 vous fait rêver et que vous savez qu'elle se rayera facilement, achetez-la quand même. L'essentiel c'est de porter une montre qu'on aime, en connaissance de cause.

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